POÉSIE

 

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"La page blanche de sens"

 

Il a plu hier, du moins je l'ai cru.

Sans plus tarder, j'ai fendu la foule.

Mon héros est proche, tout près.

Un surplus de fragrance m'étourdit.

 

Il m'a plu.

Je l'ai regardé, il m'a re-plu.

Mon sillon de lion se creuse

J'examine finement ses traits.

 

Oh, le beau poster !

 

Je sentis monter en moi, une fièvre.

Mon sang s'est échauffé.

Non ! Je ne ressens plus rien.

Sensiblement de marbre.

 

Tout me déplaît, soudain.

Tout en lui m'a déplu.

Ainsi vagabondes mes pensées,

Au fil de mes émotions,

 

Entre passé et présent.

 

Je noircis sans ardeur mon calepin cendré.

Puis tout s'est embrouillé.

Je soupire, cherchant à accorder

Mes sens à mes pensées.

 

Mes mots sont vides de sens.

Une centaine n'en comblerait point l'absence.

Oh ! Dur-dur !

La page blanche de l'écrivain.

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"Au large"

Comme vous, me balader et respirer le large

J'aimerai, que mes pieds m'emportent vers des lieux.

Libre là-bas et ici, à l'instar d'un fou.

Ô libre ! de vivre mon isolement à ma guise.

Mais j'habite cette prison faite de chair, de maux.

 

Comme un papillon, j'ai tenté le mouillage.

J'ai baissé la voilure au port de l'Hôtel-Dieu,

Où des blouses blanches me toilettent le cou.

Pour dire, je cligne l'œil ; l'attention est de mise,

Car mon autonomie s'en est allée au Nord.

 

Comme un phare maritime, sans éclairage

Je suis privé des mots de l'amour mélodieux.

Mon fils, j'aurais voulu crier ton nom, Pacôme !

Clignements suivis d'autres, le lien au genre se tisse

Me forgeant une liberté dans un esprit fort.

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"Féminin Masculin Neutre"

Des mots sont féminins alors que d'autres masculins ?

Question virginale d'une âme en quête d'attention.

Ces mots dissimulent une intention adroite.

Enfouie certes, elle ne résiste point à l'investigation.

Son secret se révèle au fur et à mesure,

Des échanges torrides de ceux qui osent.

Une démonstration lui est faite sur le champ.

 

La porte, est celle que l'on ouvre comme les cuisses d'une femme,

La demeure, voisine de la chambre accueille l'étranger,

La chaussure, elle se veut fine, tortueuse et exploratrice,

La chemise, couvre le rhizome sur lequel s'égaie la poitrine,

La culotte, glisse et craque entre des doigts gourmands,

La fesse, et sa sœur jumelle racontent des histoires fleuries,

La cerise, du gâteau, rouge et pulpeuse titille le croquembouche

La lèvre, celle qui se situe sur les parties érogènes de l'hôte,

La vulve, le contraire du clitoris qui se veut masculin pour singer le pénis.

 

Le manche, celui du balai qui se dresse et ne se courbe jamais,

Le pied, comme prendre son pied, jeu favori du bébé mignon,

Le pantalon, dans lequel se glisse la main désinhibée,

Le torse, qui se gonfle quémandant une caresse appuyée,

Le soir, moment propice aux ébats mémoriels,

Le désir, lui, jaillit bien avant la semence des dieux,

Le corps, transpire, la chaleur ambiante l'émoustille,

Le lit, dur puis mou s'enfonce sur le poids des chairs,

Le temps, déjà de se quitter et d'initier de nouvelles rencontres.

 

Difficile de rester insensible aux délices offerts,

Difficile de feindre et de faire semblant,

Difficile d'invoquer son droit à la neutralité,

Difficile de ne pas s'émouvoir,

Difficile d'ignorer la douce tentation,

Difficile de ne pas être ce qu'on devrait,

Difficile de se voiler pour ne pas voir,

Difficile de ne pas geindre,

Difficile d'être neutre, tout simplement.

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"A pied d'oeuvre"

Des pieds se rencontrent,

Bavardent pied à pied.

Tes pieds entre mes pieds :

Pieds bottés de fantassin,

Pieds ronds, larges,

Pieds croisés,

Puis pieds enlacés.

Une photo en pied fige l'instant,

Avant la promenade à pied au lac.

Reste au pied, Pédiluve !

Elle adore les croche-pieds.

Pieds fatigués par la marche.

Pieds nus, déchaussés.

Mettre enfin les pieds à terre,

Et fouler l'herbe du pied.

Pieds aux ongles incarnés,

Mes pieds plats, les tiens creux.

Toi, la chaussure à mon pied

Raconte l'histoire du chasseur-à-pied.

Viens le temps de partir de bon pied,

Nous, pieds-noirs en vadrouille.

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"La fabuleuse ascension"

 

Les idiots ne sont pas rigolos alors que les imbéciles le sont.

Ces derniers ont l'humour qui manque aux premiers.

Ce qui les rend plus que charmants.

Les cons biberonnés à l'idéologie ont des certitudes.

Ils mettent en avant leurs plastiques et s'affirment par leur arrogance.

Dame intelligence fait souvent défaut.

 

"Je suis parce que…", quoi donc ? Eux-mêmes ne le savent pas.

Comme des perroquets, ils répètent ce qu'ils n'ont ni appris ni compris.

Dangereux ! Des pourritures d'une espèce en voie de mondialisation,

Ils ne font pas partie d'une niche, mais sont légions.

Ils se reproduisent dans des réseaux où la pédanterie scintille.

 

L'ambition narcissique qui les habite enfle et tue.

Ignorants père, mère, ils progressent à leurs dépens.

Ils savent sourire, rire pour séduire les inconquis.

Ne maîtrisant pas l'humour, ils l'empruntent aux imbéciles

N'ayant pas d'esprit, ils s'entourent de savants douteux.

Ceux-ci sont mentionnés dans leurs discours abjects.

 

Avec une crédibilité achetée par capitalisation,

Ils avancent bouffis d'insincérité en dépeçant les naïfs.

Ces idiots qui leur donnent une assise sur le monde.

En s'accaparant du pouvoir délégué par les trouillards,

Ils arrivent au sommet de leur mégalomanie pour enfin chuter.